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Voyage

Rester en bonne santé en escale

11 min de lecturePour les pilotes et les passagers

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Dans cet article
  1. L’air sec, et à quel point il dessèche vraiment
  2. Les caillots sur les vols longs
  3. L’eau et la nourriture à l’étranger
  4. Le soleil, en altitude et à la plage
  5. Moustiques et autres piqûres
  6. Les vaccins du voyageur
  7. Bouger, manger et dormir
  8. Trouver de l’aide en déplacement
  9. Ce que fait LogAloft

Voler pour son métier place le corps dans une situation étrange : un air sec à l’altitude d’un village de montagne pendant des heures, de longues périodes assis, des repas à des heures bizarres dans des villes aux microbes différents, et plus de soleil, en altitude et lors des après-midi d’escale, que la plupart des employés de bureau n’en reçoivent en un an. Rien de tout cela n’est dangereux en soi, et presque tout se gère facilement quand on sait ce que disent les données. Voici ce qu’en disent les CDC américains, l’OMS et la FAA, et les habitudes qui en découlent.

Ceci est une information générale, pas un avis médical. Pour votre santé, voyez votre médecin et, si vous êtes pilote, vérifiez tout médicament auprès de votre médecin examinateur aéronautique (AME).

L’air sec, et à quel point il dessèche vraiment

La cabine d’un avion de ligne est pressurisée à l’équivalent de 1 830 à 2 440 m, soit environ 6 000 à 8 000 ft, selon le CDC Yellow Book, et l’air y est « généralement sec, avec le plus souvent 10 à 20 % d’humidité », ce qui peut dessécher les voies respiratoires et les yeux. L’air lui-même est plus propre que sa réputation : il est renouvelé 20 à 30 fois par heure, et la part recyclée passe par des filtres HEPA qui retiennent 99,97 % des particules.

L’air sec vous déshydrate-t-il ? Moins qu’on ne le croit. L’étude du Conseil national de la recherche américain sur l’environnement des cabines a constaté qu’une faible humidité « peut dessécher la peau, les muqueuses et la conjonctive », mais a cité une étude où la perte d’eau sur 7 heures était négligeable, et conclu que les effets sont probablement passagers. La sécheresse est surtout une question de confort : yeux irrités, nez sec, lèvres gercées.

Ce qui aide :

  • Buvez de l’eau tout au long du vol, pas seulement à la fin. Une bouteille à votre siège ou au poste est plus facile à suivre que d’attendre le chariot.
  • Yeux et nez. Des larmes artificielles et un spray nasal salin aident sur les longs vols.
  • Peau. Une crème hydratante simple et un baume à lèvres.
  • Alcool. Pour les pilotes, la règle de la FAA est le 14 CFR 91.17 : pas de vol dans les 8 heures qui suivent la consommation d’alcool, sous son influence ou avec une alcoolémie de 0,04 % ou plus, et beaucoup de compagnies fixent des limites plus strictes.

Les caillots sur les vols longs

Rester longtemps assis ralentit le sang dans les jambes, et chez certaines personnes un caillot se forme dans une veine profonde (thrombose veineuse profonde, TVP). Si un fragment se détache et atteint les poumons, c’est une embolie pulmonaire. Ensemble, on parle de maladie thromboembolique veineuse (MTEV).

Le chapitre du CDC Yellow Book sur la TVP remet les chiffres en perspective :

  • Sur les vols de plus de 4 heures, une étude a trouvé un risque absolu de 1 pour 4 656 vols-personnes ; une autre, d’environ 1 pour 6 000.
  • Les longs voyages pourraient multiplier par 2 à 4 le risque global d’une personne, « mais les données sont contradictoires ».
  • Sur les vols de moins de 4 heures, le risque d’un caillot avec symptômes est négligeable.
  • La plupart des caillots liés au voyage apparaissent dans la première ou la deuxième semaine après le vol, et le risque revient à la normale au bout de 8 semaines.

La plupart des personnes concernées ont au moins un autre facteur de risque : un cancer actif, la prise d’œstrogènes (y compris la pilule et le traitement hormonal), une chirurgie, une hospitalisation ou une blessure récente, une mobilité réduite, un IMC de 30 ou plus, plus de 40 ans, une grossesse ou les semaines qui suivent l’accouchement, un caillot antérieur, une tendance héréditaire à la coagulation ou des antécédents familiaux. La taille compte aux deux extrêmes : moins de 1,60 m ou plus de 1,90 m.

La prévention, selon les CDC :

  • Marchez et faites travailler vos mollets pendant le vol. Le PNC qui circule en cabine en fait déjà une partie ; les pilotes sur les longs vols et l’équipage en repos ou en mise en place doivent se lever régulièrement.
  • Choisissez le couloir quand vous êtes en mise en place ou passager. Les voyageurs côté hublot avaient environ deux fois plus de risque, et environ six fois plus avec un IMC de 30 ou plus.
  • Des bas de contention si votre risque est plus élevé : pour les vols de plus de 6 heures, l’American College of Chest Physicians suggère des bas sous le genou bien ajustés, exerçant 15 à 30 mmHg à la cheville.
  • Pas d’aspirine par défaut. Les mêmes recommandations déconseillent l’aspirine ou les anticoagulants pour le seul voyage, sauf si votre médecin les prescrit parce que votre risque est nettement plus élevé.

Connaissez les signes. D’une TVP : douleur ou sensibilité, gonflement, chaleur, rougeur ou changement de couleur de la zone, en général sur une jambe. D’une embolie pulmonaire : essoufflement inexpliqué, douleur thoracique qui augmente à l’inspiration, toux (parfois avec du sang) et malaise. Une embolie pulmonaire est une urgence. Demandez de l’aide immédiatement.

L’eau et la nourriture à l’étranger

La diarrhée du voyageur est fréquente : selon la destination et la saison, les CDC estiment qu’elle touche 30 à 70 % des voyageurs sur un séjour de deux semaines. Les bactéries en sont la cause la plus fréquente.

Les conseils des CDC sur l’eau et la nourriture, là où l’hygiène pose question, tiennent en une courte liste :

En général sans risque À éviter
Plats bien cuits et servis chauds Salades, légumes crus et fruits non pelés
Fruits que vous rincez à l’eau sûre et pelez vous-même Viande, poisson, fruits de mer et œufs crus ou peu cuits
Lait et produits laitiers pasteurisés Lait, produits laitiers et jus de fruits non pasteurisés
Eau en bouteille du commerce, capsule d’origine intacte Eau du robinet et glaçons, sauf si vous êtes raisonnablement sûr que l’eau était sûre
Thé et café préparés avec de l’eau tout juste bouillie Nourriture et boissons de vendeurs de rue, qui augmentent le risque

Lavez-vous les mains avant de manger, ou utilisez un gel hydroalcoolique à au moins 60 % d’alcool. Le gel est moins efficace que l’eau et le savon contre certains germes, comme le norovirus.

Si vous tombez malade et que vous êtes pilote, les médicaments posent problème. Le remède habituel, le lopéramide (Imodium), figure sur la liste « no go » de la FAA pour les médicaments sans ordonnance, car il peut provoquer somnolence et vertiges et masquer la maladie sous-jacente. Le sous-salicylate de bismuth (Pepto-Bismol) figure sur la liste « go ». Après un médicament « no go », la FAA recommande d’attendre au moins cinq intervalles de prise après la dernière dose avant de voler : 30 heures pour un médicament pris toutes les 4 à 6 heures, 60 heures pour un médicament pris toutes les 12 heures. La solution de réhydratation orale est le choix des CDC en cas de vraie perte de liquides. En cas de forme sévère, avec fièvre ou sang, consultez un médecin ; les antibiotiques relèvent d’une prescription, et les pilotes doivent les vérifier auprès de leur AME. Et si vous êtes malade, vous n’êtes pas apte au vol. Déclarez-vous indisponible.

Le soleil, en altitude et à la plage

Le rayonnement UV augmente avec l’altitude : l’Observatoire de Hong Kong estime la hausse à environ 12 % tous les 1 000 m. En croisière, la question est de savoir combien en traverse les vitres.

Dans une petite étude publiée dans JAMA Dermatology en 2015, des chercheurs ont mesuré les UV dans le poste de pilotage d’un turbopropulseur à 30 000 ft. Le pare-brise bloquait totalement les UVB, mais les UVA passaient, et 56,6 minutes à cette altitude donnaient à peu près la même dose cancérogène d’UVA qu’une séance de 20 minutes en cabine de bronzage. Il s’agissait d’un seul avion, mesuré vers midi en avril, et les auteurs notent que les niveaux pourraient être plus élevés au-dessus d’une couche nuageuse épaisse ou de champs de neige, qui réfléchissent jusqu’à 85 % des UV. Le NIOSH des CDC résume le tableau d’ensemble : les pare-brise en verre bloquent l’essentiel des UVB mais un peu moins de la moitié des UVA, ceux en plastique bloquent l’essentiel des deux, et on ne sait pas ce que bloquent les hublots de cabine sur l’ensemble des avions de ligne.

Une méta-analyse de 2015 portant sur 19 études et plus de 266 000 participants a trouvé environ deux fois le taux attendu de mélanomes chez les pilotes et les PNC. Le NIOSH dit clairement que personne ne sait vraiment pourquoi : plus de soleil en vol est une possibilité, plus de soleil en dehors du travail en est une autre. Les deux méritent qu’on s’en protège :

  • Au poste : crème solaire sur le visage, le cou et les mains sur les vols de jour, pare-soleil baissés et lunettes de soleil (qui protègent aussi les yeux).
  • En escale : l’OMS recommande de se protéger dès que l’indice UV atteint 3 : l’ombre vers midi, un t-shirt, un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème, et rester à l’intérieur aux heures centrales à partir de 8. Beaucoup d’applications météo affichent l’indice UV.
  • Avec un répulsif anti-insectes : d’abord la crème solaire, puis le répulsif, en produits séparés.
  • Surveillez votre peau, et montrez à un dermatologue tout grain de beauté qui change.

Moustiques et autres piqûres

Là où les moustiques transmettent la dengue, le paludisme ou d’autres maladies, le répulsif est la première ligne de défense. Les CDC citent les substances actives qui protègent assez longtemps : DEET, icaridine (picaridine), huile d’eucalyptus citronné (ou PMD), IR3535 et 2-undécanone. La perméthrine s’applique sur les vêtements et l’équipement, jamais sur la peau, et doit être appliquée 24 à 48 heures avant de faire la valise pour avoir le temps de sécher. Manches longues à l’aube et au crépuscule, et une chambre avec moustiquaires ou climatisation, font le reste.

Les vaccins du voyageur

La base, c’est d’être à jour de ses vaccins courants. Les CDC conseillent de consulter un professionnel de santé au moins 4 à 6 semaines avant un voyage, car certains vaccins demandent plusieurs doses, et leurs pages par destination indiquent ce qui est recommandé pays par pays. Les équipages qui demandent de nouvelles destinations, ou qui les reçoivent en réserve, ne peuvent pas toujours anticiper autant ; mieux vaut donc passer une fois en revue le réseau de votre compagnie avec un centre de vaccinations internationales plutôt que voyage par voyage.

La fièvre jaune est celle où les papiers comptent aussi. Certains pays exigent une preuve de vaccination à l’entrée, inscrite sur le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie (le carnet jaune), et le vaccin doit être fait dans un centre agréé. Depuis le 11 juillet 2016, en vertu du Règlement sanitaire international, ce certificat est valable à vie, et un pays ne peut pas le refuser au motif que plus de 10 ans se sont écoulés. Rangez-le avec votre passeport.

Bouger, manger et dormir

L’OMS recommande aux adultes au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine (ou 75 d’activité soutenue), plus du renforcement musculaire au moins 2 jours. Une escale donne le temps, mais pas toujours la routine. Une marche de 30 minutes à la lumière du jour après l’atterrissage, une séance à la salle de sport de l’hôtel ou un circuit au poids du corps dans la chambre s’additionnent au fil d’une rotation, et la lumière du jour au bon moment aide aussi votre horloge biologique à se caler. Quand rechercher la lumière et quand l’éviter dépend du sens dans lequel vous avez volé ; Le décalage horaire vers l’est et vers l’ouest explique comment.

Les repas fonctionnent mieux calés sur les heures où vous serez vraiment éveillé, plutôt que trois repas à l’heure locale. Et le sommeil est le socle de tout le reste : Se reposer n’est pas dormir explique pourquoi un repos de 10 heures peut se réduire à 6 heures de sommeil, et comment s’organiser en conséquence.

Trouver de l’aide en déplacement

Si vous avez besoin d’un médecin à l’étranger, l’hôtel peut en général en appeler un, la ligne médicale ou d’assistance équipage de votre compagnie peut vous orienter, et les citoyens américains peuvent s’adresser à l’ambassade ou au consulat des États-Unis pour trouver des soins. Gardez sur vous une courte liste de vos médicaments et allergies, et vérifiez que votre assurance santé vous couvre à l’étranger.

Ce que fait LogAloft

Chaque escale dans À venir a un plan de repos : quand se coucher, combien de temps doit durer la sieste à l’arrivée, des repas calés sur vos heures d’éveil, de l’exercice en option, la lumière à rechercher et celle à éviter sur les rotations plus longues, et quand commencer à se préparer. Le guide des plans de repos et du décalage horaire explique comment il est construit. C’est un plan, pas un avis médical, et il ne remplace ni votre médecin, ni votre AME, ni la politique de gestion de la fatigue de votre compagnie.

Sources

  1. Air Travel (Mase, Gearhart, Nardell et Brown), CDC Yellow Book 2026, 23 avril 2025
  2. The Airliner Cabin Environment and the Health of Passengers and Crew, chapitre 5, National Research Council, 2002
  3. 14 CFR 91.17, Alcohol or drugs, Electronic Code of Federal Regulations
  4. Deep Vein Thrombosis and Pulmonary Embolism (Reyes et Abe), CDC Yellow Book 2026, 23 avril 2025
  5. Travelers' Diarrhea (Connor et Leung), CDC Yellow Book 2026, mis à jour le 24 mars 2026
  6. Food and Water Precautions for Travelers (Chard et Hill), CDC Yellow Book 2026, 23 avril 2025
  7. What Over-the-Counter (OTC) medications can I take and still be safe to fly?, Federal Aviation Administration
  8. Ultraviolet radiation at high altitude, Observatoire de Hong Kong
  9. The risk of melanoma in pilots and cabin crew: UV measurements in flying airplanes (Sanlorenzo et al.), JAMA Dermatology, 2015
  10. The risk of melanoma in airline pilots and cabin crew: a meta-analysis (Sanlorenzo et al.), JAMA Dermatology, 2015
  11. Cancer in Aircrew, CDC/NIOSH
  12. Radiation: The ultraviolet (UV) index, Organisation mondiale de la santé
  13. Mosquitoes, Ticks, and Other Arthropods (Connelly et Gimnig), CDC Yellow Book 2026, 23 avril 2025
  14. Travel vaccines, CDC Travelers' Health
  15. Yellow fever certificates valid for life, fitfortravel (NHS Écosse)
  16. Physical activity, Organisation mondiale de la santé
  17. Women travelers: getting help and medical care abroad, Département d’État des États-Unis

Ceci est une information, pas un avis médical. Pour toute question sur votre santé ou une grossesse, parlez-en à votre médecin ou à votre médecin examinateur aéronautique.

Un plan de sommeil pour votre prochaine rotation. Ajoutez vos vols à LogAloft et ouvrez À venir : chaque escale avant votre prochain service a un plan de repos de l’atterrissage à la prise de service, et les rotations qui traversent trois fuseaux horaires ou plus ont un plan jour par jour.

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